Cette année, nous avons mis en place des partenariats d’ambassadeurs avec plusieurs professionnels travaillant au contact de la nature — qu’ils soient photographes, animateurs nature ou écologues. L’objectif est de leur faire tester du matériel afin de recueillir leurs retours d’expérience en tant qu’usagers intensifs. Et quoi de mieux que des experts pour obtenir des avis fiables !
C’est dans ce cadre que nous avons fait tester le kit parabolique BirdMic, de la marque espagnole Birdfox. Cet équipement permet d’amplifier les sons de manière directionnelle. Il peut être connecté à un appareil photo pour améliorer les vidéos animalières, ou à un téléphone pour identifier les espèces avec Merlin. En bref, c’est un outil polyvalent qui a su nous convaincre au fil des tests.
Pour commencer, voici le retour de notre ambassadeur Thibault Noirrot, spécialiste en bioacoustique.
"Outil très compact et facile à transporter, doté d’une parabole suffisamment directive pour bien isoler les chants d’oiseaux. Par rapport à un simple téléphone, la différence est nette pour l’identification : on cible la source, on écoute plus finement au casque (même si, dans mon cas, ce n’est pas indispensable, l’objectif étant surtout d’identifier l’espèce) et, couplé à une application comme Merlin, cela devient un excellent support pédagogique pour apprendre rapidement les chants et les voix d’espèces différentes.
En enregistrement, le BirdMic montre cependant certaines limites pour un usage naturaliste exigeant, notamment en field recording ou en contexte de recherche : bruit de manipulation, qualité du micro inférieure à celle d’un couple enregistreur + micro dédié, et marge de progression sur la chaîne audio si l’objectif est de produire des sons réellement publiables ou exploitables. Je ne le considérerais donc pas comme un matériel principal pour la prise de son ornithologique, mais plutôt comme une solution d’appoint ou de découverte, selon les contraintes de transport.
On peut néanmoins obtenir une qualité de prise de son honorable (largement supérieure à certaines présentes sur Xeno-Canto), à condition d’être vigilant à de nombreux facteurs comme les mouvements ou le vent — la bonnette n’étant clairement pas suffisante. L’outil s’avère aussi intéressant pour l’enregistrement d’insectes ; une version avec parabole transparente serait d’ailleurs idéale pour cet usage.
Les tests ont été effectués en conditions réelles, dans un jardin près de Lyon, avec utilisation de Merlin. BirdNET est utile mais devient vite confus en présence de plusieurs espèces, tandis que Merlin met clairement en évidence, en temps réel, l’oiseau qui chante, même si l’interface reste en anglais. Pour un public francophone, Merlin demeure selon moi l’option la plus efficace, d’autant qu’on accède facilement aux fiches d’espèces en français après coup.
Excellent outil pour l’écoute active, l’apprentissage et la démonstration sur le terrain. À considérer comme une plateforme légère et intuitive, mais pas comme la solution de référence pour des enregistrements ornithologiques de haute qualité — ce qui, d’ailleurs, n’est pas son objectif premier."
Retrouvez son retour en vidéo ICI.
Autre retour intéressant, cette fois de la part de Benjamin Vollot, écologue indépendant.
"Le BirdMic est vraiment bien. Compact, léger, livré avec un petit sac de transport et tous les accessoires nécessaires. L’amplification de la parabole est très efficace, aussi bien pour les sons graves que pour les aigus. Je suis plus mitigé sur l’utilisation avec BirdNET, mais c’est un outil qui progresse bien.
Le fournisseur est rapide et réactif en cas de problème technique.
L’ensemble est très complémentaire des suivis actifs de terrain : je le pose sur la table de baguage pendant mes sessions ou lors des transects, et il travaille tout seul. Il pourrait être valorisé dans les protocoles STOC EPS et autres suivis de migration nocturne.
Quelques petits bémols : une fragilité potentielle (j’ai un doute sur la durabilité) de la jonction entre le module et la parabole, reliés presque uniquement par la prise jack, même si un bloc de maintien permet de mieux les encastrer.
Autre détail : la sangle d’attache frotte contre la parabole et produit du bruit lorsqu’il y a du vent. La partie rigide tombe pile sur la parabole — quatre centimètres de sangle en plus auraient suffi à corriger ça.
Enfin, il faut prévoir un petit téléphone pour le fixer correctement sur le système d’attache prévu."
La BirdMic est apprécié pour sa compacité, sa facilité de transport et la bonne directivité de sa parabole, qui permet d’isoler efficacement les chants d’oiseaux. Couplé à des applications comme Merlin, il constitue un excellent outil pédagogique pour l’apprentissage et la démonstration sur le terrain. À noter que son prix reste abordable comparé à celui de certains microphones paraboliques professionnels. Le SAV de Birdfox est particulièrement rapide et disponible, encore un point positif que nous révèle ces tests.
Les testeurs notent toutefois quelques limites techniques pour un usage naturaliste exigeant : bruit de manipulation, qualité audio inférieure à celle d’un matériel professionnel type Telinga.
En résumé, le BirdMic est jugé très pertinent pour la découverte, l’écoute active et la formation, mais non destiné aux usages d'ornithologues professionnels.